La « Grande République Éternelle du N’Importe quoi » : chronique d’un pouvoir sans fin, conte satirique en Pays imaginaire

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Il était une fois, sur la côte d’un continent où l’harmattan aimait ébouriffer les palmiers et assécher les vergers d’oranges, un pays prospère dans les discours et affamé dans les marchés. 

On l’appelait la « Grande République Éternelle de N’Importe quoi »

On y trouvait des collines rouges comme des braises, des rivières qui devenaient des filets en saison sèche, des villes qui scintillaient de panneaux publicitaires plus lumineux que leurs hôpitaux, et, perché au milieu du paysage, un palais qui brillait plus fort que tout le reste, si bien que les oiseaux devaient détourner la tête pour ne pas s’y brûler la rétine.

Dans ce palais vivait « Sa Majesté de l’Unanimité », Guide, Père, Frère, Arrière-grand-oncle de la Nation, et « Héritier du Destin » selon le Journal officiel. 

Avant que le destin ne lui fasse les poches et ne les remplisse de pouvoir, il n’était qu’un quidam sans importance, un homme de couloirs et de couverts, chargé d’ouvrir les portes et de clore les réunions pendant que d’autres parlaient. 

Un jour, à la faveur d’un orage politique, le tonnerre tomba sur la capitale, et, quand la poussière se dissipa, l’homme sans relief était devenu un relief de montagne. 

On l’avait hissé par-dessus le pays, et là-haut, où l’air est raréfié et les applaudissements plus sonores, il découvrit que la hauteur donne à la fois le vertige et l’appétit.

Du palais qui illumine les ténèbres

Le palais était vaste, un continent dans le pays. On y marchait des heures du marbre au velours, du velours aux dorures, des dorures aux rideaux tirés sur le monde. 

Les tapis portaient les motifs d’un peuple heureux, tissés par des mains qui n’avaient pourtant jamais vu la couleur de la paie à la date promise. 

Sous les plafonds peints, le Guide dormait longtemps, non par paresse, disait-on, mais pour mieux rêver l’avenir du peuple. 

Ainsi, quand il s’éveillait vers l’aube de midi, l’avenir avait déjà deux heures de retard, mais qui s’en souciait, puisque la télévision d’État affirmait que l’avenir dans ce pays commençait précisément quand le Guide ouvrait les yeux.

Dès l’aube de midi donc, la cour se massait en procession : le Ministre de la Vérité et des Recadrages, le Grand Chancelier des Applaudissements Prolongés, le Chef de la Danse Contractuelle (responsable de recruter des foules qui se trémoussent au besoin), et le Prieur des Louanges Unanimistes

Tous avaient les mains rouges et les poches profondes. Ils rivalisaient d’ardeur pour prouver à Sa Majesté que le peuple l’adorait plus que le soleil, la pluie et le riz réunis. 

L’un déclamait des poèmes où l’on voyait des récoltes s’incliner devant le sourire présidentiel.

 Un autre présentait des graphiques où la misère chutait quand les caméras s’allumaient.

 Un troisième brandissait des rapports experts prouvant que l’enthousiasme populaire se mesurait au décibel.

« Sa Majesté de l’Unanimité », homme simple dans son palais compliqué, souriait avec modestie, cette modestie qu’on apprend vite quand on a des plafonds dorés au-dessus de la tête. « Je ne suis que le serviteur du peuple », disait-il avec humilité, tandis qu’on lui apportait son petit déjeuner de chef d’État : fruits importés, café rare, œufs de ferme délocalisée et miel qui avait parcouru plus de kilomètres que l’infirmière du dispensaire le plus proche.

Des sorciers blancs et des talismans de modernité

Parmi la cour sévissait un club discret : « les Sorciers Blancs ». C’étaient des alchimistes de la modernité, drapés de costumes gris et de mots savants. Ils transformaient les projets absurdes en Partenariats Publics-Privés aux acronymes si savants que personne n’osait demander : « Qui paie ? » 

Ils validaient l’achat d’un avion présidentiel et recommandaient l’édification de stades internationaux là où les écoles tenaient encore ses classes sous un flamboyant. 

Ils chuchotaient : « C’est bon pour l’image ». Or l’image, dans la Grande République, valait bien plus que l’eau potable, car l’image rassure les bailleurs et la soif ne donne pas d’audience.

Les Sorciers eurent l’idée d’une statue géante de « Sa Majesté de l’Unanimité », haute comme l’ambition et creuse comme la caisse du Trésor un 30 du mois. La statue devait montrer la main tendue vers l’horizon, un doigt impérial pointant le futur, pendant que la main réelle, en coulisse, palpait le présent. 

Le chantier s’ouvrit avec des fanfares ; l’inauguration se fit de nuit, à l’heure où le peuple dort, faute de lumière et de viande.

La Fête de l’Unanimité, aussi appelée « élections »

Dans le pays, tous les cinq ans (ou quand il fallait refaire la façade), on organisait « la Fête de l’Unanimité ». On appelait cela des élections, mais c’était une question de vocabulaire : on ne va pas contrarier une tradition bien réglée par un mot exact. 

Le protocole était immuable. 

D’abord, on neutralisait les opposants crédibles : certains se retrouvaient dans des geôles climatisées par les courants d’air, d’autres découvraient l’exil, d’autres encore, par miracle, devenaient muets comme des tombes. 

Ensuite, on recrutait des opposants factices : cousins éloignés, voisins de jeunesse, entrepreneurs de brouhaha, tous déguisés en conscience nationale avec de belles moustaches de dissidence.

Le jour venu, la télévision d’État installait ses caméras aux bons endroits, où les « foules contractuelles » avaient été parquées depuis l’aube avec promesse de riz et de t-shirts. 

Les bulletins, pudiques, se glissaient dans des urnes dociles ; le dépouillement, pudique aussi, se faisait dans la joie des préfets. 

Le soir même, le pays découvrait que 103 % des votants avaient opté pour la stabilité, qui portait la même moustache que « Sa Majesté de l’Unanimité »

La foule applaudissait sur les écrans ; le peuple, lui, regardait ses pieds poussiéreux et se demandait comment compter au-delà du ventre vide.

De la Constitution élastique et des juges reconnaissants

Un jour, un esprit farceur (appelé « article de la Constitution ») rappela que le nombre de mandats était limité

Quelle blague ! Les conseillers juridiques se mirent à rire d’un rire professionnel. 

On convoqua le « Conseil des Constitutionnalités », composé de membres nommés avec amour par le Guide lui-même. 

Ils examinèrent la Constitution comme on étire un caoutchouc : elle devint élastique, souple, opportunément interprétable. 

On redécouvrit des subtilités : 

  • le premier mandat ne comptait pas car il était avant la révision ; 
  • le deuxième était en réalité le premier (version 2.0) ; 
  • le troisième n’était pas un mandat mais un service prolongé au peuple reconnaissant.

Par un mystère de l’herméneutique, la phrase « nul ne peut… » devint « tout est possible si… ». 

Les juges, reconnaissants de vivre dans des villas où l’eau arrive par la piscine, rendirent un verdict qui soulagea le palais : le temps du Guide ressemblait à l’horizon : il s’éloignait quand on marchait.

La télévision, miroir sans alouettes

La télévision d’État devenait l’instrument de musique favori du régime. 

Chaque soir, le pays assistait à l’inauguration d’un même pont sous des angles différents, à celui du même tunnel, au lancement de la même « Zone Industrielle de la Prospérité Imminente » qui, de jour, offrait surtout des herbes hautes et des pancartes flambant neuves. 

Les présentateurs, lissés comme les annonces, proclamaient la chute du chômage pendant que les marchés montaient le prix du mil ; ils chantaient la modernisation hospitalière pendant que les femmes accouchaient dans la lumière d’un téléphone. La météo annonçait beau temps sur la croissance ; la poussière répondait dans les poumons.

Du peuple fantôme qui remplit les statistiques

Le peuple, dans cette histoire, avançait comme une ombre portée. Il faisait la queue pour le sucre subventionné qui n’arrivait pas, trois heures pour une facture d’électricité qui sentait la panne, deux jours pour un passeport qui, une fois obtenu, servait souvent à dire adieu. 

Les jeunes, beaux d’ardeur et d’illusions, apprenaient à rêver en géographie : l’avenir se situait ailleurs, de l’autre côté de la mer cupide. 

La mer, vieille sorcière, avalait des espoirs comme on avale des mouches ; sans y penser. 

Ceux qui restaient dans le pays vivaient d’expédients : un taxi sans freins, un étal sans clients, un diplôme sans emploi. 

Mais le soir, quand la télévision allumait la prospérité, ils se taisaient par fatigue ou par prudence, car l’air aussi avait des oreilles.

Des grands projets qui prennent la poussière

« Sa Majesté de l’Unanimité », aimait les grands projets. Plus c’était grand, moins ça fonctionnait, et plus la cérémonie d’inauguration était belle. 

On construisit un aéroport qui ne vit passer que des délégations ; un train express qui expressait surtout la lenteur ; une autoroute qui menait droit aux lotissements ministériels ; des stades internationaux que la pluie occupait plus souvent que les athlètes. 

On posa des premières pierres comme d’autres posent des questions, sans jamais avoir l’intention de revenir chercher la réponse.

« Les grands projets sont la preuve que le pays se lève », assurait le Ministre de la Vérité. « Où se lève-t-il ? » demandait le peuple. « Sur les photos », répondait la télévision.

Diplomatie des tapis rouges

« Sa Majesté de l’Unanimité » voyageait beaucoup : il faut bien porter la voix du pays quand on a un avion tout neuf. 

Les hôtels étrangers l’accueillaient avec des parquets si brillants qu’on y voyait son visage multiplié : un plébiscite du vernis. Il serrait des mains prestigieuses, prononçait des discours en souriant comme un touriste sur une carte postale, signait des communiqués qui promettaient des promesses. 

La délégation qui l’accompagnait était une arche de Noé politique : ministres, cousins, amis de la famille, chroniqueurs, chanteurs du culte de la personnalité, tous voyageaient sous l’étendard de la nécessité protocolaire.

Au retour, l’aéroport national s’emplissait d’une « foule contractuelle » : pancartes imprimées la veille, chants improvisés mais répétitifs, larmes maîtrisées. 

La télévision démontrait par l’image que l’amour du peuple ne connaît pas la fatigue ; à condition qu’il soit bien organisé.

Internet, ce mal élevé

Quand venait l’orage, scandale de corruption, protestation, étudiants en colère, « Sa Majesté de l’Unanimité », posait la main sur l’interrupteur d’internet. 

D’un simple clic, la nuit tombait sur les conversations ; les vidéos se figeaient au milieu d’un cri ; la rumeur devenait un bruit feutré. « Pour la sécurité », disait-on. 

Et de fait, la sécurité du palais s’en portait mieux : sans images, il n’y a plus d’indignation ; sans indignation, il n’y a plus de foule spontanée ; sans foule, il n’y a que les processions officielles, qui ne cassent jamais une vitrine et ne réclament jamais autre chose qu’un meilleur per diem.

Généalogie de la fidélité

La cour, on le sait, prospère avec le trône. 

Les ministres étaient des fidèles héréditaires. Le frère de la Première Dame présidait l’Autorité des Autorités ; le beau-fils gérait l’Avenir Numérique ; la belle-sœur, l’Éducation Éternellement Réformée ; le neveu, la Banque des Possibles. 

La compétence était un détail, la fidélité, un principe. Pour rendre service au pays, on cumulait les postes comme les timbres, on changeait de portefeuille comme de chemise, on signait des décrets comme on signe des autographes : à la chaîne.

On créa même un ministère pour « l’Optimisation des Réalités » ; comprendre : la réécriture des faits, et un« Commissariat aux Applaudissements Soutenus », chargé d’harmoniser le rythme des clameurs lors des allocutions. 

Dans ce pays, l’applaudissement était un devoir civique ; refuser d’applaudir devenait une opinion trop politique pour être tolérée.

Le conte du coffre sans fond

La caisse de l’État, était un coffre magique. 

On y déposait les impôts, les taxes, et tous ces petits sous que le peuple contribue en murmurant : « peut-être qu’un jour». Et puis le coffre disparaissait, la nuit, roulé par des camions de contrats, siphonné par des tuyaux de marchés publics, transporté dans des paradis lointains où l’argent dort sans bruit. 

Au matin, le Ministre des Finances racontait que le coffre, en réalité, n’avait jamais été rempli, que tout ceci n’était qu’une illusion d’optique : l’opulence budgétaire n’est pas l’opulence budgétaire. Alors on empruntait, car l’avenir aussi sait recevoir des factures.

Un jour dans la vie d’un règne

Écoutez comment se déroule une journée ordinaire.

À huit heures du soir, l’heure d’ouverture des journaux, « Sa Majesté de l’Unanimité » inaugure l’École du Futur — une salle repeinte — pendant qu’au dehors, les professeurs attendent le salaire d’avant-hier. 

Il reçoit, dans le salon des remontrances, des entrepreneurs patriotes qui jurent que leurs offres étaient les meilleures même avant d’être rédigées. 

Il signe un décret pour réduire la pauvreté en réduisant le nombre de pauvres dans les statistiques. 

Il annonce un plan de généralisation de l’électricité dès que l’électricité reviendra. 

Il gronde affectueusement les jeunes pour leur impatience, leur conseille l’entrepreneuriat sans clients, leur promet des incubateurs où l’on couve des idées jusqu’à ce qu’elles se refroidissent. 

Et puis il s’endort, vaincu par l’effort du bonheur imposé, pendant que les climatiseurs bruissent comme des prières exaucées.

Les saisons passent, le calendrier se fatigue

Les années s’empilent, dociles. On fête le vingtième anniversaire du premier second mandat, on inaugure la Fresque de la Continuité, on bâtit un musée de la Stabilité. 

Les enfants apprennent à l’école que la démocratie est un animal rare que l’on aperçoit sur les affiches, et que perdre une élection est une coutume étrangère. 

Le culte de la personnalité s’affine, gagne en grâce et en budget : bustes, tee-shirts, prières d’assemblée. 

« Sa Majesté de l’Unanimité » serre des bébés qui deviennent adultes sans trouver d’emploi ; il promet des routes qui se transforment en pistes quand il pleut ; il coupe des rubans plus vite que le pays ne coupe ses déficits.

Quand la réalité entre par la fenêtre

Mais la réalité, dans les contes même les mieux verrouillés, a l’art des fenêtres entrouvertes. 

Un matin, une infirmière épuisée ose parler devant une caméra importune ; une nuit, des étudiants font trébucher l’indifférence de la ville ; un après-midi, un juge, lassé de s’agenouiller, reste debout par mégarde. 

Ce ne sont que des éclats, des accidents de courage, et la machine se remet vite à tourner. 

Néanmoins, la rumeur d’une lassitude parcourt les couloirs du palais : le peuple, dont on avait oublié le poids, pèse soudain de tout son silence.

La vieillesse du pouvoir 

Le pouvoir, comme la mangue, finit par se rider. Les cheveux blanchissent ; ceux de « Sa Majesté de l’Unanimité », invisibles sous la teinture, ceux du pays, visibles sous la poussière. Les oreilles entendent moins, la cour parle plus fort, mais elle parle toujours de la même chose : 

  • Excellence, vous êtes éternel ; 
  • Excellence, l’histoire n’oubliera jamais ; 
  • Excellence, la jeunesse vous supplie de rester. »

On commande un deuxième avion, car l’ancienne modernité fait vieux dans les hangars. 

On imagine une nouvelle capitale administrative, car l’ancienne s’obstine à garder ses embouteillages. 

On travaille à une nouvelle Constitution, car la précédente, trop servie, sent la réchauffée. Tout bouge pour que rien ne change.

La morale des appareils

Le conte pourrait s’achever ici, sur une pirouette amère. Mais les contes, dit-on, sont faits pour enseigner sans pointer du doigt. 

Alors retenons ceci : dans la « Grande République Éternelle de N’Importe quoi », le pouvoir ne s’exerçait pas, il s’installait. Il ne servait pas le peuple ; il s’en servait. 

« Sa Majesté de l’Unanimité » prenait l’État pour un héritage, la Constitution pour un vêtement, la démocratie pour un décor, les élections pour un rite ésotérique, la télévision pour un miroir, l’opposition pour une troupe d’appoint, et le peuple pour une réserve stratégique de patience.

Certains diront que ce n’est qu’un conte, que la réalité est plus subtile, que tout cela n’arrive nulle part. 

D’autres lèveront un sourcil : le nulle part a parfois l’accent de quelque part.

Il est vrai que, dans des pays imaginaires proches du nôtre, on a vu des dirigeants s’éterniser, réviser les règles pour le même joueur, gagner avec des scores arithmétiques théologiques, et confondre caisse publique et tirelire privée. 

On a vu des opposants qui s’évanouissent comme du sel dans la soupe, des foules mobilisées au salaire de la journée, des juges reconnaissants, des conseils constitutionnels qui constitutionnalisent la volonté d’un seul. 

On a vu des statues pousser comme des herbes folles et des écoles s’effondrer comme des châteaux de sable. On a vu la mer compter les enfants partis, et la terre compter les promesses revenues.

Épilogue : le miroir fissuré

Un soir, tard, « Sa Majesté de l’Unanimité » resta seul dans la salle des miroirs. Les lustres chantaient bas. Il leva les yeux et croisa son reflet : cent fois lui, mille fois lui, éternel à perte de vue. « Suis-je aimé ? » demanda-t-il au silence. Le silence, poli, ne répondit pas. 

On dit qu’une fissure, rongée par le temps, filait le long d’un miroir. On dit qu’elle ressemblait à une ligne de vérité, mince, presque invisible, mais obstinée. Le lendemain, on remplaça le miroir. Il brillait davantage. La fissure, quant à elle, était partie dans l’ombre, ou dans la rue.

La rue n’écrit pas de décrets, ne préside pas de conseils, n’inaugure pas de statues. La rue rapporte ce qu’elle voit : des prix qui montent, des salaires qui traînent, des promesses qui boitent, des fils qui s’en vont, des mères qui comptent. 

Elle sait que « le pouvoir rend fou, et que le pouvoir absolu rend absolument fou ». 

Elle sait aussi que la folie est coûteuse et que le peuple est toujours celui qui paie l’addition, service non compris.

Ainsi se clôt le conte de la « Grande République Éternelle de N’Importe quoi ». 

Ce n’est qu’une fable, bien sûr ! Toute ressemblance serait fortuite, due aux caprices de l’imagination ou aux habitudes de l’histoire. 

Pourtant, si d’aventure vous entendez, dans un pays pas si lointain, parler d’élections qu’on n’organise pas pour les perdre, de constitutions qui se plient comme des serviettes, de juges qui remercient avant de juger, de statues qui lèvent le doigt pendant que les écoles baissent la tête, souvenez-vous de cette histoire

Les contes, parfois, ne mentent pas ; ils déguisent la vérité pour la rendre plus polie, ou plus mordante.

Et si, par mégarde, vous croisez un jour « Sa Majesté de l’Unanimité », dites-lui avec le sourire qu’on ne gouverne pas un peuple avec des miroirs, ni un avenir avec des inaugurations. 

Dites-lui qu’un pays ne se mesure pas à la hauteur d’une statue, mais à la hauteur d’une salle de classe ; pas à la longueur d’un cortège, mais à la longueur d’une file d’attente à l’hôpital ; pas au nombre d’avions présidentiels, mais au nombre d’examens médicaux gratuits ; pas au score d’une élection, mais au score de la dignité quotidienne.Car dans tous les pays, imaginaires ou non,  vient toujours un jour où l’on finit par comprendre que la stabilité n’est pas l’immobilité, que la continuité n’est pas la confiscation, et que le pouvoir, lorsqu’il oublie qu’il n’est qu’un prêt du peuple, finit par être rappelé avec intérêts.

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