Comprendre et auditer le crédit carbone : un enjeu majeur pour la profession comptable

⏱ Temps de lecture : 17 minutes

Dans un contexte où la transition climatique s’impose comme un enjeu majeur pour les entreprises, les crédits carbone et les quotas d’émission occupent désormais une place stratégique dans les comptes, les rapports de durabilité et les discours de responsabilité sociétale.

Pourtant, derrière ces instruments présentés comme de simples “unités carbone”, se cachent des mécanismes complexes, des risques élevés et des exigences nouvelles de transparence.

L’expert-comptable et le commissaire aux comptes se retrouvent ainsi en première ligne : sécuriser la comptabilisation, vérifier la réalité des opérations, prévenir le greenwashing et garantir la sincérité de l’information financière et extra-financière.

Faisons une lecture claire, structurée et accessible de ce domaine encore méconnu, afin de donner aux professionnels du chiffre les clés nécessaires pour aborder sereinement, et avec maîtrise, les missions liées au crédit carbone

L’expert-comptable et le commissaire aux comptes vont être de plus en plus confrontés au crédit carbone, que ce soit dans les comptes, dans les rapports de durabilité ou dans la communication des entreprises. Or, pour beaucoup, ce sujet reste flou, technique et “réservé aux spécialistes climat”.

Proposons une vision claire, structurée et concrète du crédit carbone, vue depuis le métier d’expert-comptable ou de commissaire aux comptes, pour permettre :

  • de comprendre de quoi il s’agit réellement,
  • d’identifier les impacts comptables et d’audit,
  • de sécuriser les missions et éviter les pièges (fraude, greenwashing, surévaluation, etc.).

1. De quoi parle-t-on au juste ? Crédit carbone, quotas, compensation…

1.1. Une tonne de CO₂ “évité” ou “retiré”

Un crédit carbone, c’est d’abord une unité de mesure : en principe, 1 crédit = 1 tonne de CO₂ (ou équivalent) évitée ou retirée de l’atmosphère.

Concrètement, cela peut venir :

  • d’un projet de réduction : par exemple un parc solaire qui remplace une centrale à charbon, des foyers de cuisson plus propres, un projet de lutte contre la déforestation ;
  • d’un projet de retrait / séquestration : reforestation, restauration de mangroves, stockage géologique de CO₂, biochar, etc.

L’idée de base : un projet évite ou retire des émissions ; cette “performance climatique” est convertie en unités (crédits) qui peuvent être vendues à une entreprise.

1.2. Deux grands mondes à distinguer

Pour l’expert-comptable et le CAC, il est fondamental de distinguer deux univers :

  1. Les marchés réglementés (EU ETS, autres systèmes cap-and-trade)
    • l’État fixe un plafond d’émissions et distribue ou met aux enchères des quotas ;
    • les entreprises concernées doivent restituer chaque année un nombre de quotas égal à leurs émissions vérifiées ;
    • les quotas sont négociés sur des marchés organisés.
  2. Les marchés volontaires (voluntary carbon markets)
    • pas d’obligation légale ;
    • des entreprises achètent des crédits carbone volontaires pour “compenser” leurs émissions, verdir leurs produits, afficher des engagements “net zéro”, etc.
    • la qualité et le sérieux des projets sont très variables.

Dans le langage courant on parle de “crédits carbone” pour les deux, mais la logique est différente :

  • les quotas d’un marché réglementé sont un instrument de conformité ;
  • les crédits volontaires sont un outil de communication et de stratégie climat… plus ou moins crédible.

2. Pourquoi le crédit carbone concerne directement l’expert-comptable et le CAC ?

On pourrait penser que c’est un sujet “d’ingénieur climat”. En réalité, il a des conséquences très concrètes dans les missions des professionnels du chiffre :

  • Dans les comptes :
    • entrées et sorties de quotas ;
    • stocks de crédits détenus ;
    • passifs liés aux émissions futures ;
    • plus-values / moins-values de cession ;
    • choix de traitement en IFRS ou en normes françaises.
  • Dans le contrôle légal des comptes :
    • réalité des quotas / crédits figurant au bilan ;
    • valorisation (marché très volatil, qualité inégale) ;
    • risques de fraude (historique lourd dans le carbone) ;
    • cohérence entre flux carbone, écritures et annexes.
  • Dans le reporting extra-financier (CSRD, durabilité, climat) :
    • contrôle des déclarations d’émissions (scopes 1, 2, 3) ;
    • vérification des compensations annoncées ;
    • évaluation du risque de “greenwashing”.

Pour le dire autrement : le crédit carbone est à la fois un actif, un passif, un risque et un outil de communication. On est en plein dans le cœur de métier de la profession.

3. Voir l’entreprise à travers le prisme “carbone”

Pour aborder une mission, il est utile de commencer par classer le profil de l’entité. Généralement, les clients entrent dans l’un (ou plusieurs) des cas suivants :

  1. Entreprise soumise à un système de quotas (EU ETS, etc.)
    • elle reçoit des quotas (gratuitement et/ou aux enchères) ;
    • elle en achète / vend ;
    • elle doit en restituer chaque année à l’État.
  2. Entreprise non soumise mais qui achète des crédits volontaires
    • pour compenser une partie de ses émissions ;
    • pour afficher un produit “neutre en carbone” ;
    • pour alimenter un discours RSE.
  3. Trader ou intermédiaire en crédits carbone
    • activité de marché à part entière ;
    • achats / ventes fréquents, positions de trading, valorisation au cours.
  4. Groupe combinant plusieurs cas
    • ex. un énergéticien qui est à la fois soumis à l’EU ETS, achète des crédits volontaires, et opère une salle de marché carbone.

La première tâche, comme expert-comptable ou CAC, est donc de :

Cartographier le “business carbone” du client :

qui achète quoi, à qui, pourquoi, et dans quel cadre (réglementé ou volontaire) ?

À partir de là, on peut raisonner sur les impacts comptables et sur les risques d’audit.

4. Enjeux comptables : simplifier sans caricaturer

4.1. En normes françaises : quotas d’émission (EU ETS)

En France, les quotas d’émission réglementés (EU ETS, assimilés) sont encadrés par un règlement spécifique de l’Autorité des Normes Comptables. L’esprit du dispositif est le suivant (en simplifiant) :

  • Les quotas alloués gratuitement par l’État sont inscrits en stock, mais pour une valeur nulle.
  • Les quotas achetés sont inscrits en stock pour le coût d’acquisition.
  • À la clôture, si l’entreprise a émis plus qu’elle ne détient de quotas :
    • elle doit en acheter pour combler le déficit :→ constatation d’un passif (quotas à acquérir) et d’une charge correspondante.
  • Les quotas excédentaires peuvent être revendus :→ constatation d’un produit de cession et du coût de sortie du stock.

En pratique, l’expert-comptable devra :

  • s’assurer que les flux de quotas (entrées, sorties, restitutions) sont bien suivis en quantités et en valeur ;
  • veiller à ce que le passif lié aux émissions (quotas à acheter) soit correctement évalué ;
  • sécuriser le traitement des plus-values de cession.

Le CAC devra, lui, tester la réalité des quotas, la cohérence entre émissions et quotas détenus, et la pertinence des méthodes d’évaluation.

4.2. En IFRS : mosaïque de pratiques

En IFRS, la situation est plus complexe : il n’existe pas de norme unique et définitive. Les pratiques se répartissent souvent ainsi :

  • quotas et crédits traités comme actifs incorporels ou stocks,
  • passifs liés aux émissions traités comme provisions / passifs (IAS 37),
  • activités de trading traitées comme instruments financiers.

Ce qui compte :

  • le modèle économique prime sur la technique pure :
    • détention pour consommation (compliance),
    • détention pour revente (trading),
    • détention pour compensation volontaire (image, RSE).
  • la cohérence des choix : pas de bricolage “au cas par cas” sans logique d’ensemble ;
  • la transparence en annexe : expliquer clairement la politique comptable, les risques, les variations.

4.3. Crédits volontaires : actifs, charges, ou les deux ?

Pour les crédits volontaires (hors ETS), trois situations courantes :

  1. Crédits détenus pour revente→ assimilés à des stocks de marchandises ;→ valorisation à la valeur nette de réalisation.
  2. Crédits détenus pour compenser les propres émissions de l’entreprise
    • certains les inscrivent d’abord comme actif incorporel puis constatent une charge au moment du “retrait” du crédit (compensation effective) ;
    • d’autres comptabilisent directement en charge l’achat du crédit.
  3. Crédits détenus comme investissement spéculatif→ traitement proche d’instrument financier (juste valeur via le résultat).

Dans tous les cas, l’enjeu n°1 est la prudence :

  • ne pas surévaluer des actifs dont la valeur peut s’effondrer (scandales, changement de réglementation, remise en cause des projets) ;
  • ne pas présenter des crédits de qualité douteuse comme des “réductions d’émissions” acquises et définitives.

5. Le rôle de l’expert-comptable : structurer, sécuriser, vulgariser

L’expert-comptable se trouve au croisement de trois besoins de son client :

  1. Mettre en place un dispositif comptable solide
    • organiser le suivi des quotas / crédits en quantités et en valeur ;
    • élaborer un plan de comptes adapté (comptes de stocks, de produits, de charges spécifiques) ;
    • clarifier les règles d’évaluation et de dépréciation.
  2. S’assurer de la cohérence avec la stratégie climat de l’entreprise
    • si l’entreprise communique sur la “neutralité carbone”, vérifier que cela repose sur des éléments traçables ;
    • s’assurer que l’usage des crédits est présenté comme un complément aux réductions internes, et non comme un substitut.
  3. Accompagner la direction dans sa communication
    • prévoir des mentions explicatives dans l’annexe ;
    • harmoniser comptes, rapport de gestion, rapport durabilité ;
    • sensibiliser à la limite des crédits carbone pour éviter le greenwashing.

En pratique, l’expert-comptable peut proposer :

  • une note interne de procédure “quotas et crédits carbone” ;
  • un modèle de tableau de suivi (quantités / valeur / dates / origines) ;
  • un schéma type d’écritures pour les cas les plus fréquents (allocation gratuite, achat, vente, restitution, retrait volontaire, etc.).

6. Le rôle du commissaire aux comptes : réalité, valorisation, greenwashing

Du côté du CAC, le sujet se concentre autour de quelques questions clés :

  1. Les quotas / crédits enregistrés existent-ils réellement ?
    • confirmations externes auprès des registres, courtiers, banques ;
    • rapprochement entre registres, comptabilité, et flux financiers.
  2. L’entreprise en est-elle réellement propriétaire ?
    • registres au nom de la société ;
    • contrats d’achat et de cession ;
    • absence de montages où un tiers détient les crédits “pour le compte de”.
  3. Tous les flux significatifs sont-ils bien enregistrés ?
    • rapprochement systématique registre ↔ comptabilité ↔ extraits bancaires ;
    • recherche d’opérations “hors bilan” ou réalisées dans des entités périphériques (SPV, filiales non consolidées, etc.).
  4. La valorisation est-elle prudente et justifiable ?
    • contrôle des cours utilisés ;
    • test de sensibilité : que se passe-t-il si le prix baisse fortement ?
    • prise en compte des risques spécifiques (projet contesté, standard fragilisé, changement de réglementation).
  5. La communication n’est-elle pas trompeuse ? (greenwashing)
    • cohérence entre :
      • les crédits détenus et véritablement retirés (retirements),
      • les émissions réellement calculées,
      • les allégations de neutralité ou de compensation.
    • examen des mentions dans le rapport de gestion, le site internet, les documents marketing.

Là encore, le CAC ne devient pas “ingénieur climat”, mais :

il vérifie que ce qui est écrit dans les comptes et dans les rapports est sincère, traçable et étayé.

7. Démarche pratique : comment aborder une mission “carbone” pas à pas

Voici un canevas opérationnel pour les missions :

Étape 1 – Comprendre le profil “carbone” du client

  • Est-il soumis à un ETS ?
  • Achète-t-il des crédits volontaires ? Pour quoi faire ?
  • A-t-il une activité de trading carbone ?

Étape 2 – Cartographier les flux

  • Entrées (quotas alloués, achats, projets internes) ;
  • Sorties (cessions, restitutions à l’État, retraits volontaires) ;
  • Stocks à l’ouverture et à la clôture ;
  • Enchaînement des opérations significatives.

Étape 3 – Identifier les systèmes et documents clés

  • Registres officiels (EUTL, Verra, Gold Standard, etc.) ;
  • Rapports d’émissions, certificats de vérification ;
  • Contrats, factures, confirmations de marché ;
  • Tableaux internes de suivi des quantités et des valeurs.

Étape 4 – Analyser les choix comptables

  • Traitement des quotas (stocks, passifs) ;
  • Traitement des crédits volontaires (actifs, charges, instruments financiers) ;
  • Méthodes d’évaluation retenues ;
  • Tests de dépréciation éventuels.

Étape 5 – Mettre en place / tester les contrôles

Pour l’EC : formaliser la procédure interne.

Pour le CAC : tester l’efficacité de ces contrôles, et compenser les faiblesses par des tests substantifs (confirmations, rapprochements, etc.).

Étape 6 – Examiner la communication externe

  • Annexes, rapport de gestion, rapport de durabilité ;
  • Allégations sur la neutralité carbone, les produits “verts” ;
  • Cohérence entre les engagements affichés et les éléments vérifiés.

8. Pièges classiques et signaux d’alerte

Quelques points de vigilance que tout EC / CAC devrait garder en tête :

  • Crédits “trop beaux pour être vrais” : projets très bon marché, dans des pays à gouvernance fragile, aux promesses spectaculaires et difficilement vérifiables.
  • Communication très ambitieuse, documentation très faible : entreprise qui met en avant massivement sa “neutralité carbone”, mais peine à fournir des justificatifs détaillés sur les crédits, les retraits, les méthodologies.
  • Absence de suivi quantitatif : flux carbone uniquement suivis en valeur sans suivi précis des quantités ; inventaire incomplet ou approximatif.
  • Activité de trading mal maîtrisée : opérations nombreuses, documentation lacunaire, séparation front/middle/back-office inexistante ou faible, valorisation approximative.
  • Risque de fraude : historique de fraude TVA, phishing et vols de quotas sur les marchés carbone ; attention particulière aux opérations transfrontalières complexes.

9. Monter en compétence progressivement : quelques conseils

L’expert-comptable et le commissaire aux comptes n’ont pas vocation à devenir climatologue, mais ils peuvent :

  • Maîtriser les concepts de base : différence entre quota ETS et crédit volontaire, entre réduction et retrait, entre marché réglementé et volontaire.
  • Formaliser des outils maison :
    • fiches pratiques internes ;
    • check-lists pour les dossiers sensibles ;
    • modèles standard de notes d’annexe.
  • Travailler en binôme avec des spécialistes climat / durabilité quand les enjeux deviennent importants (gros portefeuilles, projets complexes, communication très engagée).
  • Assurer une veille minimale sur :
    • l’évolution des règles comptables,
    • les scandales récents (qui montrent les pièges à éviter),
    • les nouvelles exigences de durabilité (CSRD, normes ESRS).

Conclusion : un nouveau terrain de jeu… et de risque pour la profession

Le crédit carbone n’est pas un sujet marginal ou “accessoire”. C’est :

  • un support d’écritures comptables (actifs, passifs, produits, charges) ;
  • un levier pour les trajectoires climat des entreprises ;
  • un vecteur de risque (financier, juridique, réputationnel) ;
  • un lieu possible de fraude et de communication trompeuse.

Face à cela, l’expert-comptable et le commissaire aux comptes ont un rôle central :

  • apporter de la rigueur dans la comptabilisation,
  • imposer de la traçabilité dans les flux et les documents,
  • exiger de la cohérence entre les chiffres et les discours,
  • protéger l’entreprise contre des positions fragiles (actifs surévalués, promesses climatiques intenables),
  • protéger le public contre les illusions de neutralité carbone “à bon marché”.

En maîtrisant ce sujet de façon claire et pragmatique, le professionnel du chiffre devient non seulement le garant de la qualité de l’information financière et extra-financière, mais aussi un interlocuteur de référence pour ses clients sur l’un des enjeux structurants des prochaines décennies : la transition climatique.


Annexe : Crédit carbone, quotas et audit : les notions à connaître

ConceptDéfinition simple et claire
Crédit carboneUnité représentant 1 tonne de CO₂ évitée ou retirée grâce à un projet (ex. : reforestation, énergie renouvelable). Utilisé surtout dans les marchés volontaires.
Quota d’émission (Allowance / EUA)Autorisation officielle émise par l’État permettant d’émettre 1 tonne de CO₂ dans les marchés réglementés (ex. EU ETS). Obligatoire pour les entreprises concernées.
EU ETS (European Union Emissions Trading System)Système européen de quotas d’émission où un plafond d’émissions est fixé, et où les entreprises doivent restituer chaque année des quotas égal à leurs émissions.
Cap-and-tradeMécanisme où un plafond (cap) limite les émissions globales et où les entreprises peuvent échanger (trade) entre elles des quotas.
Marché réglementéMarché encadré par la loi (ex. EU ETS) où les quotas sont obligatoires.
Marché volontaire du carbone (VCM)Marché non obligatoire où les entreprises achètent des crédits carbone pour compenser leurs émissions ou améliorer leur image climatique.
Compensation carbone (Offsetting)Action consistant à “neutraliser” des émissions en achetant des crédits carbone issus de projets extérieurs.
Neutralité carbone (Net Zero)Situation où les émissions résiduelles d’une entité sont égales à zéro, après réduction interne et compensation par des crédits fiables.
Scope 1, 2, 3 (émissions carbone)Méthode de classification : Scope 1 = émissions directesScope 2 = consommation d’électricité/chaleurScope 3 = émissions indirectes de la chaîne de valeur.
AdditionnalitéCritère essentiel : la réduction d’émissions n’aurait pas eu lieu sans le financement carbone.
PermanenceGarantie que la réduction est durable dans le temps (ex. : forêt replantée qui ne brûlera pas).
Fuite carbone (Leakage)Déplacement des émissions ailleurs suite au projet (ex. déforestation qui se déplace vers une zone non protégée).
Double comptabilisation (Double counting)Situation où la même réduction d’émissions est déclarée par deux acteurs (ex. un État et une entreprise, ou deux entreprises). Interdit.
MRV (Monitoring, Reporting, Verification)Processus de mesure, de déclaration et de vérification des émissions ou réductions. Indispensable pour les quotas et les crédits.
Certificat d’émissions vérifiéesAttestation émise par un organisme accrédité confirmant les émissions réelles d’une entreprise (obligatoire dans l’EU ETS).
Retrait d’un crédit carbone (Retirement)Action qui annule définitivement un crédit carbone sur un registre. Une fois retiré, il ne peut plus être revendu.
Registre carbonePlateforme officielle ou privée où sont inscrits quotas et crédits (ex. EUTL, Verra Registry). Preuve de propriété et de traçabilité.
Project Design Document (PDD)Document technique décrivant un projet carbone : baseline, calculs, méthodologie, impacts, etc. Base de la certification.
BaselineSituation de référence servant à calculer les émissions évitées par un projet.
Standard de certification carboneOrganisme qui valide et vérifie les projets (ex. Verra, Gold Standard).
Crédit d’évitement (Avoided emissions)Crédit issu d’un projet qui évite des émissions futures (ex. cuisson propre).
Crédit de retrait (Removal)Crédit issu d’un projet qui retire du CO₂ de l’atmosphère (ex. reforestation). Considéré comme plus crédible.
ESG / DurabilitéCadre global regroupant les enjeux Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance auxquels les entreprises doivent répondre.
GreenwashingPratique consistant à présenter une entreprise comme “verte” ou “neutre en carbone” sans preuve solide ou en exagérant les bénéfices environnementaux.
CSRD / ESRSNouvelle réglementation européenne imposant un reporting détaillé sur la durabilité, incluant les émissions carbone et l’usage des crédits.
ANC 2012-03 (France)Règlement définissant la comptabilisation des quotas d’émission en normes françaises.
IAS 37 / IAS 38 / IAS 2Normes IFRS régissant respectivement les provisions et passifs, les actifs incorporels et les stocks. Utiles pour les crédits carbone.
Passif lié aux émissionsObligation comptable enregistrée lorsque l’entreprise doit acheter des quotas pour couvrir ses émissions.
Market Stability Reserve (MSR)Mécanisme européen qui régule l’offre de quotas ETS pour stabiliser les prix et éviter la surabondance.
CORSIASystème international pour réduire les émissions de l’aviation civile par l’utilisation obligatoire de crédits carbone certifiés.
Article 6 de l’Accord de ParisCadre international régissant les échanges de réductions d’émissions entre États (ITMOs) et la création d’un nouveau mécanisme carbone.
ITMO (Internationally Transferred Mitigation Outcome)Unité carbone transférée entre États dans le cadre de l’Accord de Paris (Article 6).
Leakage interne / externeDéplacement des émissions à l’intérieur du projet (interne) ou vers un autre territoire (externe).
Fraude carbone (carousel fraud)Ancienne fraude massive liée à la TVA sur les quotas carbone, basée sur des schémas de sociétés fictives et de TVA non reversée.
Vérificateur accréditéOrganisme indépendant chargé de valider les émissions déclarées ou les crédits générés par un projet.
Co-bénéficesEffets positifs d’un projet en plus du carbone : biodiversité, santé, emploi local, etc.
Crédit “fantôme”Crédit carbone de très faible intégrité, non additionnel ou basé sur des hypothèses exagérées.

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