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Lorsqu’on évoque l’esclavage africain, l’imaginaire collectif se tourne presque exclusivement vers la traite transatlantique, reléguant dans l’ombre une autre traite, plus ancienne et tout aussi violente : la traite orientale.
Pendant plus d’un millénaire, la traite orientale a arraché des millions d’hommes, de femmes et d’enfants africains vers le Maghreb, le Moyen-Orient, la péninsule Arabique, l’Empire ottoman, la Perse, l’Inde et jusqu’à certaines régions d’Asie. Pourtant, ce pan de l’histoire demeure peu enseigné, peu débattu et souvent réduit à des évocations marginales.
Contrairement à la traite atlantique, dont les traces démographiques sont aujourd’hui visibles dans les Amériques, la traite orientale a laissé peu de descendants identifiables. Ce paradoxe s’explique par la nature même des usages faits des captifs : castrations, assimilations forcées, effacement généalogique et violences systémiques.
Cet épisode interroge également le rôle d’intermédiaires africains — notamment certains groupes peuls et touaregs — souvent absents du récit dominant, afin de proposer une lecture plus complète, plus honnête et historiquement rigoureuse de cette histoire longtemps occultée.

