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L’Afrique est souvent présentée comme un continent naturellement entreprenant, mais cette effervescence entrepreneuriale masque en réalité une fragilité structurelle profonde.
Une grande partie de l’activité entrepreneuriale relève moins d’un choix stratégique que d’une nécessité de survie immédiate. Cette logique produit des entreprises peu capitalisées, vulnérables, souvent éphémères, qui peinent à franchir le seuil de la croissance durable.
Elle alimente aussi un mimétisme entrepreneurial massif : les créateurs se concentrent dans des secteurs perçus comme accessibles — commerce de détail, restauration basique, petits services — jusqu’à saturation des marchés. La concurrence devient alors essentiellement tarifaire, détruisant la valeur au lieu d’en créer.
Parallèlement, si l’Afrique est pionnière en matière de finance numérique et de mobile money, cette innovation n’a pas encore produit la transformation structurelle espérée. L’argent circule plus vite, mais il n’investit pas spontanément dans l’industrie, la productivité ou la montée en gamme de l’économie.
Cet épisode interroge ainsi un paradoxe central : pourquoi une révolution financière visible ne débouche-t-elle pas sur une révolution productive ? Et que faudrait-il pour que l’énergie entrepreneuriale africaine cesse d’être défensive et devienne enfin structurante ?

