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Depuis plus de trois décennies, l’Afrique est devenue l’un des principaux théâtres de l’action humanitaire internationale, au point que l’aide ne relève plus de l’exception mais d’un mode ordinaire de gestion des crises.
Camps de réfugiés, programmes nutritionnels, cliniques mobiles, distributions alimentaires, projets de résilience : l’empreinte des ONG est omniprésente. L’utilité immédiate de l’humanitaire demeure indiscutable lorsqu’il s’agit de sauver des vies. Mais à mesure que l’aide se professionnalise, que les budgets augmentent et que les dispositifs se complexifient, un malaise structurel s’installe.
Ce malaise ne porte pas sur l’urgence, mais sur la fonction de l’humanitaire dans l’ordre mondial et sur ses effets politiques, psychologiques et symboliques à long terme : dépendance institutionnelle, dépossession de la capacité d’agir, transformation de la crise en “industrie” et glissement de l’exceptionnel vers le permanent.
Cet épisode propose une analyse globale, volontairement exigeante, articulant cinq dimensions souvent traitées séparément : la guerre et le commerce des armes, la fonction morale des ONG, la dépendance économique et institutionnelle, la dépossession psychologique des sociétés aidées, et la responsabilité pleine et entière des élites africaines dans la chronicisation de l’instabilité.

