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Dans les villes africaines, boutiques, restaurants et petites activités se multiplient chaque jour, nourrissant l’image d’un continent naturellement entreprenant, porté par la débrouille et l’initiative individuelle.
Cette effervescence visible alimente un récit séduisant : celui d’une Afrique capable de se réinventer en permanence par l’ingéniosité, la flexibilité et la capacité de survie de ses populations. Pourtant, derrière cette vitalité apparente, la réalité entrepreneuriale est souvent beaucoup plus fragile.
Une grande partie de ces activités naît dans l’urgence économique davantage que dans le cadre d’une stratégie construite. Beaucoup d’entreprises disparaissent aussi vite qu’elles apparaissent, prises en étau entre le mimétisme entrepreneurial, l’absence de connaissance métier, la saturation des marchés et des charges fixes parfois disproportionnées.
Cet épisode interroge donc le mythe de la débrouille comme moteur suffisant du développement. Il montre que l’énergie individuelle, aussi admirable soit-elle, ne peut à elle seule remplacer l’accès au capital, à la formation, à l’organisation, à la vision sectorielle et aux politiques publiques capables de transformer une multitude d’initiatives précaires en entreprises réellement durables.

