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Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, une génération transmet à la suivante un monde délibérément dégradé. Ce n’est pas un accident. C’est le bilan d’un modèle. Là où les générations passées léguaient des terres, des savoirs, des langues, des institutions et des structures capables de traverser le temps, l’héritage qui se dessine aujourd’hui prend la forme d’un passif planétaire inédit.
Même les guerres les plus destructrices laissaient derrière elles un monde physiquement intact, encore capable de se régénérer. Ce que la génération des baby-boomers s’apprête à transmettre est d’une autre nature : des écosystèmes fracturés, un climat profondément déstabilisé, des ressources naturelles massivement dilapidées et une dette écologique dont les générations suivantes supporteront la charge sans avoir jamais participé à sa constitution.
Ce podcast interroge la responsabilité historique d’un modèle de prospérité fondé sur la surexploitation du vivant, l’abondance énergétique bon marché et l’illusion d’une croissance sans limite. Il pose une question centrale : comment penser la justice entre les générations lorsque l’une d’elles consomme le monde comme un capital disponible, en laissant aux suivantes le coût environnemental, moral et matériel de cette prédation ?

