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L’adage selon lequel « le pouvoir rend fou et le pouvoir absolu rend absolument fou » est souvent utilisé comme une formule morale pour expliquer les dérives des dirigeants.
Derrière cette sentence se cache pourtant un mécanisme bien plus complexe, systémique et structurant. Il ne s’agit ni d’une pathologie individuelle, ni d’une simple trahison morale, mais d’un enchaînement de processus psychologiques, institutionnels et économiques qui transforment progressivement l’exercice du pouvoir.
À mesure que la décision se concentre, que l’entourage se filtre et que les mécanismes de reddition des comptes s’affaiblissent, le pouvoir tend à s’autonomiser, à se rigidifier, voire à se transformer en outil de prédation.
Dans l’Afrique francophone, cette dynamique est amplifiée par des régimes présidentiels hérités de l’architecture coloniale : centralisation extrême, personnalisation du pouvoir, faiblesse chronique des contre-pouvoirs institutionnels et sacralisation de la figure présidentielle.
La « folie du pouvoir » n’est donc pas un accident. Elle constitue souvent l’aboutissement logique d’un système politique qui concentre, isole et absolutise la décision publique.

