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Cet épisode analyse la capture d’État comme un mécanisme structuré par lequel des groupes politiques, économiques ou administratifs transforment progressivement les institutions publiques en instruments de pouvoir privé, de rente et de protection.
La capture d’État ne se limite pas à la corruption ordinaire. Elle désigne une mécanique plus profonde, dans laquelle les règles, les lois, les marchés publics, les nominations, les administrations, les juridictions, les organes de contrôle et les ressources publiques sont progressivement orientés au bénéfice d’un groupe restreint.
Dans ce système, l’État continue d’exister formellement. Les ministères fonctionnent, les procédures sont respectées en apparence, les textes sont publiés et les institutions demeurent visibles. Mais leur finalité se déplace : elles cessent de servir prioritairement l’intérêt général pour organiser la consolidation d’un pouvoir, la distribution de rentes et la protection des réseaux dominants.
L’épisode montre comment cette capture s’opère par étapes : contrôle des nominations, dépendance financière des acteurs économiques, neutralisation des contre-pouvoirs, instrumentalisation de la justice, verrouillage des organes de contrôle, domination médiatique et utilisation sélective du droit.
La capture d’État devient particulièrement dangereuse lorsqu’elle se normalise. Elle ne ressemble plus à une anomalie, mais à une manière ordinaire de gouverner. Les citoyens finissent par percevoir l’administration non comme un espace de droits, mais comme un territoire d’accès, de faveur, de proximité et de négociation.
À travers cette analyse, Baobizz interroge une question centrale : comment reconstruire des institutions réellement publiques lorsque l’État a été progressivement converti en patrimoine politique, économique et relationnel par ceux qui prétendent le diriger ?

