Le Sénégal officiellement classé “pays le plus bavard du monde”

DAKAR (AFP/BBC Afrique) – L’Organisation Mondiale du Son (OMS²) a rendu son verdict : le Sénégal vient de battre un record historique. Avec un niveau sonore moyen de 128 décibels de débat par habitant, le pays est désormais officiellement reconnu comme le territoire le plus bavard de la planète.

Une onde de parole détectée depuis l’espace

Selon la NASA, les satellites auraient enregistré une étrange vibration constante au-dessus de l’Afrique de l’Ouest. Après analyse, il s’est avéré qu’il s’agissait… d’un débat en direct à Pikine sur la qualité du riz parfumé.

“Nous pensions d’abord à un tremblement de terre ou à un lancement de fusée”, explique un ingénieur américain. “Mais non, c’était juste deux Sénégalais qui ne s’entendaient pas sur la cuisson du poisson.”

Dakar, capitale mondiale du blabla

À Dakar, chaque carrefour est un plateau télé miniature. Dans les car-rapides, les passagers s’affrontent à coups d’arguments philosophiques sur des sujets aussi vitaux que “faut-il mettre du sucre ou non dans le Bissap ?”.

Les marchés, eux, ressemblent à des forums politiques :

“Moi, je ne vends plus les légumes, je vends les opinions !” confie Mariama, vendeuse au marché Tilène. “Chaque tomate achetée donne droit à un débat gratuit sur le gouvernement.”

Les réseaux sociaux transformés en arène nationale

Les plateformes numériques sont devenues de véritables États de la parole. Des internautes organisent chaque jour des “battles verbales” retransmises en direct : le perdant est celui qui finit par manquer d’arguments ou… d’électricité.

L’un des influenceurs les plus suivis du pays, surnommé “Serigne du Micro”, revendique fièrement :

“Moi, je parle douze heures par jour, sans pause, même pendant les coupures d’eau. Si on me coupe le Wi-Fi, je crie par la fenêtre.”

Sur Facebook un bébé de 3 mois a récemment fait le buzz en lançant son premier débat : « Le lait maternel est-il vraiment bio ? ». Résultat : 45.000 likes et un débat national entre pédiatres, marabouts et influenceuses.

Tik-Tok, quant à lui, est devenu l’endroit officiel où régler ses conflits. Plus besoin de médiateurs, de tribunaux ou d’assemblées familiales : il suffit de poster une vidéo incendiaire et d’attendre que le peuple tranche.

Exemple récent : un monsieur a accusé publiquement sa femme de lui avoir volé son chargeur de téléphone. Verdict : après 2.000 commentaires et 300 partages, la communauté a décidé que le chargeur appartenait à… la nation et que monsieur devrait épouser une seconde femme. Une influenceuse en manque de « Likes » a posé sa candidature. Le second mariage fut célébré en grande pompe sur les réseaux sociaux. Quelques semaines plus tard l’influenceuse poste une vidéo incendiaire sur Tik-Tok pour demander le divorce car son mari ne voulait pas lui offrir l’iPhone 75 qui serait à la mode d’après ses copines.

Des débats sur tout, surtout sur rien

Le dernier sujet en date : “Le vent d’hivernage souffle-t-il de gauche à droite ou de droite à gauche ?”

Résultat : 48 émissions télé, 10.000 commentaires Facebook, 3 divorces et une chanson engagée.

“Au Sénégal, tout peut devenir un débat”, note un chercheur de l’Université de Sangalkam. “Même le silence. On a eu une polémique récemment : certains disent qu’il faut le respecter, d’autres veulent le supprimer définitivement.”

Les étrangers traumatisés

Certains touristes en sortent bouleversés :

“Je voulais visiter l’île de Gorée, mais à l’aéroport déjà, quelqu’un m’a demandé mon avis sur la fiscalité locale !” raconte un Belge sous le choc.

“Je suis resté trois semaines. Je n’ai pas réussi à placer un seul mot. Même mon guide touristique débattait… avec lui-même.”

L’ambassade du Japon à Dakar aurait même ouvert une cellule psychologique pour ses ressortissants affectés par “le syndrome du vacarme sénégalais”.

Des experts en tout, surtout en rien

Le Sénégal a battu un record mondial : le pays compte plus d’experts que d’habitants. Sur chaque sujet, du nucléaire à la recette du thiéboudiène, il existe au moins 300 spécialistes autoproclamés prêts à intervenir sur un plateau télé.

Un célèbre chroniqueur confiait récemment :

— « Moi, hier j’étais expert en économie. Aujourd’hui, je suis expert en astrophysique. Demain, incha’Allah, je serai expert en gestion des crocodiles. »

Le jour où le Sénégal a découvert… son dragon national

Pendant plusieurs semaines, tout le pays n’a parlé que de ça : le dragon de la banlieue. Oui, un vrai dragon, pas une métaphore politique ni une blague de griot.

Des habitants juraient l’avoir vu rôder sous les sols de Pikine, “entre la boulangerie et la fosse septique”, selon les témoignages.

En quelques heures, les réseaux sociaux se sont transformés en “Université Internationale des Sciences Draconiques du Sénégal” : des “experts en dragons”, “professeurs en feu magique” et “marabouts spécialisés en reptiles mythiques” ont envahi les plateaux télé.

Certains affirmaient que le dragon était un signe de la colère divine, d’autres y voyaient un projet secret du ministère de l’Énergie pour produire du courant à partir du feu draconique.

Pendant deux mois, le pays a suspendu sa vie normale : plus personne ne parlait de politique, ni de football — le dragon avait mangé l’actualité.

La vendeuse de savon devenue star nationale du bavardage

Parmi les vedettes de ce grand cirque verbal, trône fièrement Awa la vendeuse de savon, désormais surnommée “Awa Savon”. Partie d’une petite boutique de cosmétiques au marché de Guédiawaye, elle s’est hissée au rang de célébrité en criant plus fort que tout le monde sur Tik-Tok. Au départ, elle commentait juste les promotions sur ses savons.

Puis un jour, elle a donné son avis sur la météo, le foot, la spiritualité et même la reproduction des dragons — le tout dans une même vidéo de trois heures. Résultat : un million de vues, une pluie de cœurs rouges, et une invitation sur plusieurs plateaux télé.

Aujourd’hui, Awa ne vend plus de savon, elle vend des opinions. Elle est devenue l’influenceuse du vacarme, adulée pour sa capacité à transformer n’importe quel sujet en tornade verbale. Comme le dit un internaute émerveillé :

“Quand Awa parle, même la radio baisse le volume.”

Silence interdit par décret non écrit

Dans certains pays, le silence est un signe de paix intérieure. Au Sénégal, il est perçu comme une maladie grave. Si vous restez muet plus de dix minutes, vos voisins commenceront à s’inquiéter :

— « Toi, ça va ? Tu es sûr que tu n’as pas un problème ? Pourquoi tu ne parles pas ? Hein ? Tu n’as rien à dire sur Sonko, le prix du kilo de poisson ou la pluie d’hier ? »

Une étude très sérieuse menée par l’Institut National de la Parlotte (INP) révèle que 95 % des Sénégalais parlent même en dormant, et que les 5 % restants parlent… dans leurs rêves.

Un patrimoine national en voie de reconnaissance

Face à ce phénomène, l’UNESCO envisage d’inscrire “l’art sénégalais du bavardage collectif” au patrimoine immatériel mondial.

Une délégation a été envoyée à Dakar mais… elle n’a jamais réussi à terminer la réunion d’évaluation.

“Dès qu’on essayait de parler, on nous interrompait pour nous expliquer comment mieux formuler notre phrase”, avoue, dépité, le chef de mission.

Le sport national : le débat libre

Forget la lutte traditionnelle ! Le vrai sport national, c’est le débat. Selon des chiffres complètement inventés mais crédibles, chaque Sénégalais participe en moyenne à 14 débats par jour, dont 6 à la radio, 3 sur Facebook, 2 au marché, 1 dans un taxi et 2 devant le thé du soir (ataya).

Le gouvernement envisage même de déposer une candidature officielle auprès du CIO pour faire entrer le « débat libre sénégalais » aux Jeux Olympiques.

« Nous avons déjà nos champions, capables de parler 8 heures sans reprendre leur souffle. C’est un don de Dieu », confie fièrement un entraîneur national de la palabre.

Un peuple philosophe malgré lui

Le plus fascinant, c’est que les sujets passent à la vitesse d’une comète. Aujourd’hui on débat des coupures d’électricité, demain on parle de la défaite des Lions, après-demain c’est la dernière bagarre dans un mariage filmée sur TikTok. Et pendant une semaine entière, le Sénégal devient le centre de recherche mondial en débats inutiles.

Mais attention, ne prenez pas ce bavardage à la légère : il est profondément culturel. Dans un pays où l’oralité est reine, discuter, c’est respirer. Et comme le chômage laisse beaucoup de temps libre, disons-le franchement : le débat est devenu le sport national. La lutte traditionnelle ? C’est dépassé. Ici, le vrai combat, c’est celui des mots.

Ici, on ne parle pas de la vie, on la commente

Le Sénégal, petit pays à la pointe de l’Afrique, vient donc d’atteindre l’inimaginable : transformer la parole en ressource naturelle. Après l’arachide, le poisson et la diaspora, voici le nouveau trésor national : le bruit argumenté.

“Chez nous, le silence est un manque de patriotisme”, explique fièrement un habitant de Rufisque. “Tant qu’il y a un micro, il y a un Sénégalais pour parler dedans.”

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