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[Analyse] Baobab des Choix #12 — Ta peau ou ta carrière : le choix interdit

Reading time: 3 minutes


Identité · Révélation

Épisode #12

Reminder of the dilemma

A — Tu utilises la crème et sécurises ta place dans l’entreprise.

B — Tu refuses, gardes ta peau intacte, et risques tout.


If you chose A

Choisir A, c’est reconnaître que le système est plus fort que toi — pour l’instant. C’est un calcul de survie, pas une abdication morale. Mais chaque application de crème entame un peu plus l’image que tu avais de toi-même.


If you have chosen B

Choisir B, c’est poser un acte de résistance silencieux dont personne ne mesurera peut-être le prix. C’est parier sur ta dignité quand ton frigo risque d’être vide. Le courage, ici, a le goût amer de la précarité.

Ce dilemme ne parle pas de cosmétique. Il parle de pouvoir. Derrière le tube de crème se cache tout un édifice : un héritage colonial qui a hiérarchisé les peaux, un capitalisme qui monétise le complexe d’infériorité, et un environnement professionnel qui récompense la conformité à un idéal imposé de l’extérieur. Awa n’est pas face à un choix de beauté — elle est face à une architecture d’oppression qui a transformé son corps en variable d’ajustement économique.

Si elle choisit la crème, la juger serait indécent. Des millions de femmes africaines font ce calcul chaque jour, non par vanité, mais parce que le colorisme s’est enraciné dans les structures mêmes de la réussite sociale. Le blanchiment de la peau est un symptôme, pas la maladie. La maladie, c’est un monde où la valeur d’une femme noire fluctue selon sa teinte sur l’échelle de la dépigmentation.

Si elle refuse, son geste est politique, même si elle ne le formule pas ainsi. Mais la résistance individuelle, aussi noble soit-elle, ne nourrit pas une famille. Et c’est là que le dilemme devient cruel : le système a été conçu pour que le refus coûte trop cher et que la soumission paraisse raisonnable.

La vraie question n’est donc pas ce qu’Awa devrait faire, mais pourquoi elle est forcée de choisir. Pourquoi une entreprise africaine, vendant des produits à des Africaines, reproduit-elle les codes esthétiques de la domination ? Pourquoi le machiavélisme dénoncé dans nos palais présidentiels se retrouve-t-il aussi dans un open space d’Abidjan ?

Le Baobab, lui, ne change jamais la couleur de son écorce pour plaire au vent. Il s’enracine plus profond, s’élargit davantage, et finit par créer son propre ombrage — celui sous lequel les autres viennent se réfugier. La vraie victoire d’Awa ne sera ni la crème ni le refus : ce sera le jour où plus aucune femme n’aura à poser sa dignité sur une balance pour peser son avenir.

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