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Policy · Revelation
Épisode #45
Reminder of the dilemma
A — You finance the army: without security, no hospital will stand.
B — You finance health: a people dying of disease has nothing to defend.
If you chose A
Choisir l’armée, c’est accepter que la souveraineté prime sur le soin immédiat. C’est un pari sur la stabilité : sécuriser le territoire d’abord pour reconstruire ensuite. Mais c’est aussi reconnaître que ton État existe davantage par ses fusils que par ses dispensaires.
If you have chosen B
Choisir la santé, c’est affirmer que l’État doit d’abord maintenir ses citoyens en vie, ici et maintenant. C’est un acte de dignité politique radical. Mais c’est aussi risquer que les territoires soignés aujourd’hui soient conquis demain par ceux que tu n’as pas combattus.
Ce dilemme n’est pas théorique. Il se joue chaque année dans les arbitrages budgétaires du Burkina Faso, du Mali, du Niger et du Tchad. Il révèle une vérité brutale : les États africains les plus fragiles sont contraints de choisir entre des fonctions régaliennes que toute nation normalement constituée exerce simultanément. L’Amérique, elle, dépense plus de 800 milliards de dollars pour sa défense tout en laissant 27 millions de citoyens sans couverture santé — preuve que même la première puissance mondiale n’a pas résolu cette tension. Mais au Sahel, le choix est existentiel, pas politique.
Derrière l’option A se cache le piège du tout-sécuritaire : des décennies de budgets militaires gonflés n’ont pas empêché l’expansion djihadiste. Pire, des armées mal encadrées deviennent parfois elles-mêmes une menace pour les populations qu’elles sont censées protéger. L’histoire récente des coups d’État en Afrique de l’Ouest montre que l’armée, une fois surfinancée, peut dévorer l’État qui l’a nourrie.
Derrière l’option B se cache un autre piège : celui de l’angélisme face à la violence armée. Aucun système de santé ne fonctionne dans une zone de guerre. Les humanitaires le savent, qui évacuent dès que les balles sifflent. Soigner sans sécuriser, c’est remplir un seau percé.
La vraie question que ce dilemme pose est celle de la souveraineté complète. Tant qu’un État africain dépend de partenaires extérieurs pour l’une ou l’autre de ces fonctions vitales, il reste un État sous tutelle déguisée, condamné à arbitrer entre ses propres membres comme un corps qui choisirait entre son cœur et ses poumons.
Le Baobab, lui, ne choisit pas entre ses racines et ses branches. Il sait que sans racines profondes, aucune canopée ne tient — mais que sans feuilles, aucune racine ne se nourrit. La sagesse du Baobab, c’est de croître lentement, dans toutes les directions à la fois. Les nations qui durent sont celles qui refusent le dilemme lui-même — et bâtissent, même modestement, sur tous les fronts en même temps.
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