[Analysis] Baobab Choices #7 — Ore or memory


Economy · Revelation

Épisode #7

Reminder of the dilemma

A — Tu signes : le cobalt financera les vivants, l’histoire se transmettra autrement.

B — Tu refuses : aucune richesse ne vaut l’effacement d’une blessure sacrée.


If you chose A

Choisir A, c’est accepter que la survie immédiate prime sur la mémoire longue. C’est aussi reproduire, consciemment cette fois, le schéma historique : l’Afrique livre ses ressources contre des infrastructures décidées ailleurs. Tu deviens acteur lucide d’une chaîne de valeur qui, depuis des siècles, extrait sans restituer l’essentiel.


If you have chosen B

Choisir B, c’est affirmer qu’un peuple sans mémoire est un peuple sans boussole, même nourri et soigné. C’est aussi condamner, à court terme, des milliers de familles à une précarité que les discours mémoriels ne soulagent pas. Tu protèges les morts au risque de perdre les vivants.

Ce dilemme cristallise trois fractures profondes révélées par l’économie africaine contemporaine.

D’abord, la continuité troublante entre la traite négrière et l’extractivisme actuel. Hier, on exportait des corps humains depuis des comptoirs côtiers ; aujourd’hui, on exporte du cobalt depuis les mêmes terres, pour alimenter les batteries d’un monde qui consomme sans mémoire. L’architecture économique a changé de vocabulaire — on parle de « partenariats » et de « développement » — mais la géographie du profit reste étrangement familière. Signer ce contrat, c’est peut-être entrer dans la modernité ; c’est aussi prolonger une chaîne de valeur mondialisée où l’Afrique demeure fournisseuse de matière brute et importatrice de promesses.

Ensuite, la question de la comptabilité invisible. Que vaut un site mémoriel dans un bilan ? Rien, selon les normes comptables internationales. Et pourtant, sa destruction a un coût immense : celui de l’identité, de la dignité collective, du récit que tu transmets à tes enfants. La transparence économique tant réclamée pour le continent devrait aussi comptabiliser ce que l’on perd quand on réduit une terre à son sous-sol.

Enfin, la solitude du décideur africain pris en étau. D’un côté, la communauté internationale applaudira la « bonne gouvernance » si tu attires l’investissement. De l’autre, les gardiens de la tradition te maudiront si tu livres la mémoire au bulldozer. Personne ne te propose une troisième voie — celle où l’exploitation contournerait le site, où le profit cohabiterait avec le sacré — parce que cette voie coûte plus cher, et que dans l’économie triangulaire d’hier comme dans la mondialisation d’aujourd’hui, c’est toujours l’Afrique qui absorbe le surcoût du compromis.

Le Baobab, lui, ne choisit pas entre ses racines et ses branches. Il sait que les unes nourrissent les autres. Couper les racines pour faire grandir la canopée, c’est préparer la chute de l’arbre entier. Mais un arbre aux racines magnifiques qui ne donne plus d’ombre à personne finit en monument que l’on contemple — de loin, le ventre vide. La vraie sagesse est peut-être celle-ci : exiger que ceux qui veulent ton cobalt financent aussi la préservation de ta mémoire. Faire de ton Baobab un arbre qui refuse de sacrifier une seule de ses racines pour grandir.

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